Bonjour et bienvenue dans mon atelier.
Si vous voulez je vous dévoile quelques secrets de fabrication.
| Je suis en train de tourner, derrière moi des objets sèchent avant d'être décorés et cuits. La terre utilisée est constituée d'argile blanche ou rouge cuisant à basse température. Elle a été extrudée lors de la fabrication pour donner des boudins prêts à l'emploi.
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Il faut centrer avec soin l'argile sur le tour avant de commence à façonner la terre.
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| Pour casser l'extrudage il faut battre la terre la malaxer, ensuite je place au centre du tour la quantité de terre correspondant à l'objet que je veux fabriquer. Et là le miracle se produit, vous voyez cette motte, informe au début, s'arrondir, s'étirer. Les mains, régulièrement trempées dans l'eau guident la terre, une dedans, une dehors, arrondissent le ventre, effilent le col, festonnent les bords.
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Pour donner une forme régulière au vase j'utilise une estèque en métal que je tiens ici dans ma main droite, la gauche à l'intérieur maintient ou accentue l'arrondi.
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| Comme un magicien qui tourne sur lui même et présente chaque fois qu'il est de face un visage nouveau, le tour vous entraîne dans sa ronde et tel le magicien les mains dessinent des objets dont la forme évolue continuellement.
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Quelques minutes plus tard le vase s'est aminci, étiré, un col s'évase.
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| Pour fabriquer des surfaces parfaitement planes j'utilise une croûteuse. L'argile ainsi étirée et aplanie sert à fabriquer des plateaux, des dessous de plat, des coupes, des vases, avec une autre technique que le tour en permettant d'élaborer des formes ovales, carrées etc...Les pièces terminées au tour ou façonnées avec une plaque tirée à la croûteuse sont mises à sécher sur des planches autour de l'atelier. Ce sont tous les objets de couleur blanche que l'on aperçoit sur les photos.
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En bas de la photo on voit la croûteuse avec son rouleau horizontal et ses deux vérins verticaux.Le vase que je vous présente a été réalisé à partir d'une feuille étirée à la croûteuse.
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Avant que les pièces ne soient complètement sèches je tournase le fond sur lequel reposeront les objets. Le tournasage consiste à évider le fond afin que l'objet ne repose que sur la périphérie, en effet au moment de l'émaillage, l'émail est enlevé de la partie sur laquelle repose l'objet pour empêcher qu'il ne colle au support. Or l'argile non émaillée est poreuse. En évidant le pied on augmente la surface émaillée, on améliore la qualité du produit.La durée de séchage dépend de la température ambiante, de l'épaisseur de la pièce. Pour donner un ordre d'idées il faut environ 5 jours pour sécher une pièce qui nécessité 2 kg d'argile.
La décoration est exécutée au pinceau. Chaque pinceau est réservé à une couleur, je n'utilise pas moins de 6 pinceaux pour décorer entièrement une pièce.
La plupart des couleurs sont obtenues par des pigments et oxydes naturels :
Oxyde de cobalt pour le bleu,
Oxyde de cuivre pour le vert,
Oxyde de manganèse pour le brun,
Oxyde de fer pour le jaune.
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Après séchage, chaque pièce est recouverte d'un engobe d'oxyde de fer et d'ocre rouge naturel qui serviront de base à la décoration.
Engobe : enduit décoratif de couleur déposé sur une terre avant cuisson (dictionnaire Hachette)
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Après la décoration vient la phase de cuisson. Les pièces sont disposées dans un four électrique où la température est portée à 1020°. La cuisson dure environ 20 heures, on obtient un biscuit prêt à ètre émaillé.
Aujourd'hui le contrôle de la température du four et son arrêt sont réalisés électroniquement. Avant les potiers utilisaient des cônes pyrométriques (ou montres fusibles) ; objet en forme de doigt pointé vers le haut qui était placé dans le four en même temps que les pièces à cuire, face à l'oeuilleton de la porte. Lorsque la température désirée était atteinte le cône en se ramollissant s'affaissait et indiquait que la cuisson était terminée.
Ce procédé est utilisé aujourd'hui pour contrôler le fonctionnement du dispositif de régulation et l'équilibre de la température dans les différents étages du four.
Après la cuisson, chaque biscuit est plongé dans un bain d'émaillage composé de silice et d'un fondant. Le fondant sert à abaisser le point de fusion de la silice de 1700°(trop élevée pour l'argile qui fondrait à cette température) à 950°. La température (950°) et le temps de cuisson de l'émail sont contrôlés avec précision pour éviter les défauts d'aspect et garantir les qualités alimentaires des pièces. Une cuisson incorrecte ou une porosité trop importante peuvent provoquer à la surface de l'objet le fendillement de l'émail. Dans ce cas on dirait que "l'émail tressaille".
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Je peins sous émail, c'est à dire que je peins avant la première cuisson et dépose l'émail ensuite sur le biscuit. Les faïenciers de Moustiers eux peignent les décors sur l'émail avant la dernière cuisson.
La différence entre faïence, porcelaine et grès tient essentiellement aux argiles et pâtes utilisées qui résistent à de plus ou moins grandes températures, températures de cuisson plus élevées pour la porcelaine et le gré.
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